|
Vente pour défaut de paiement de l'impôt
foncier
Une municipalité ou une commission scolaire peut percevoir ses
taxes dues sur un immeuble pour défaut de paiement de l’impôt
foncier. Le Code municipal encadre cette procédure réalisée par le
secrétaire-trésorier de la MRC.
Le secrétaire-trésorier de la municipalité transmet à la MRC,
avant le 20 mars de l’année de la vente, la liste des personnes
endettées envers la Corporation ainsi qu’un état de l’endettement de
chacun des dossiers, comprenant le nom, l’adresse, le numéro de lot,
le rang, le cadastre, le numéro de matricule, la commission
scolaire, la désignation cadastrale, le montant des taxes dues et le
nombre d’années couvertes par la réclamation. Cet état doit être
accompagné des preuves de réclamation envisagées, soit les comptes
de taxes municipales et scolaires de chaque immeuble.
Le secrétaire-trésorier de la MRC doit préparer, d'après les
états transmis par les municipalités, la liste des immeubles à
vendre pour défaut de paiement de l'impôt foncier.
La liste doit être publiée dans un journal de la région deux fois
durant le mois d'avril.
À partir du moment où la liste des immeubles à vendre pour défaut
de paiement de l'impôt foncier est diffusée publiquement dans un
journal régional, elle est disponible aux bureaux de la MRC et mise
à jour régulièrement.
Entre le 20 mars (date de réception des dossiers municipaux) et
le deuxième jeudi du mois de juin (jour de la vente), les
propriétaires dont les immeubles sont à vendre ont le droit de
procéder à un retrait de leur immeuble.
Si les immeubles publiés pour être mis en vente n’ont pas tous
été retirés avant le deuxième jeudi du mois de juin, le
secrétaire-trésorier de la MRC procède à une vente aux enchères. La
vente débute à 10 heures et a lieu aux bureaux de la MRC de La
Vallée-de-l’Or situés au 42, place Hammond, Val-d’Or. Chacun
des immeubles est mis à l’enchère et doit trouver preneur, soit un
particulier ou encore la municipalité concernée. Au moment de
l’achat, on remet à l’acheteur un « certificat d’adjudication »,
lequel devient une preuve de propriété temporaire.
Lorsqu’un particulier acquiert un immeuble par le biais de cette
procédure, il doit tenir compte de certains faits auxquels il doit
se soumettre :
L’acheteur, en acquittant la somme des taxes et frais d’un
immeuble mis en vente pour défaut de paiement de l’impôt foncier,
devient l’adjudicataire de l’immeuble, c’est-à-dire qu’il a les
mêmes obligations que tout propriétaire (entretien, réparations,
assurances, paiement des taxes), mais il ne doit pas altérer ou
modifier de façon majeure l’immeuble acquis. Cette règle est
imposée à cause du droit de retrait du propriétaire initial sur
deux ans.
-
Le propriétaire initial, celui dont l’immeuble a été vendu,
possède un droit de retrait qu’il peut exercer pendant deux (2)
ans. Ainsi, lorsqu’il manifeste son désir de récupérer son
immeuble, la MRC doit effectuer un « calcul de retrait », lequel
inclut le montant pour lequel l’immeuble a été vendu, les intérêts
encourus (10 % par année ou par partie d’année), les frais de la
MRC, les taxes municipales et scolaires qui ont pu s’ajouter suite
à la vente, incluant leurs intérêts.
-
Lorsqu’une demande de retrait est déposée, l’adjudicataire
est avisé par courrier qu’une procédure de retrait est enclenchée
pour l’immeuble qu’il a acquis.
-
L’adjudicataire peut alors faire valoir les dépenses
encourues depuis l’achat de l’immeuble (réfection de ponceau,
réparation de toiture dans le cas d’un bâtiment) pour des travaux
visant à conserver l’immeuble en bon état (par exemple, si un
adjudicataire acquiert un bâtiment en vente pour taxes et que ce
bâtiment a une toiture défoncée et des fenêtres cassées,
l’adjudicataire doit rénover le toit et installer des fenêtres
pour conserver l’immeuble en bon état. Par contre, l’adjudicataire
ne peut changer la couleur des murs ou installer du tapis dans le
salon. S’il le fait, les travaux sont alors à ses frais et le
propriétaire initial peut demander réparation. Par ailleurs,
certaines dépenses ne sont pas admissibles à un
remboursement, soit : la portion des taxes municipales et
scolaires payées par l’adjudicataire et les assurances qu’il a pu
contracter alors qu’il était en possession de
l’immeuble.
Si aucune dépense n’a été encourue, l’adjudicataire recevra,
suite à la procédure de retrait, le montant payé lors de la vente,
plus 10 % par année ou par partie d’année.
Si des dépenses d’entretien ont été encourues, l’adjudicataire
recevra, en plus du montant payé lors de la vente plus 10 % par
année ou partie d’année, sur présentation de pièces justificatives,
le montant des dépenses encourues pour le maintien en bon état de
l’immeuble, plus 10 % par année ou par partie d’année.
Si, pendant deux (2) ans, le propriétaire initial n’a
manifesté aucune intention de procéder au retrait de son immeuble,
l’adjudicataire en devient officiellement propriétaire. L’acte de
vente est fait par un notaire, aux frais du
propriétaire.
|